Aimé Narcisse BOLI (PCA de la FIIIPPDA) « Nous sommes tous et toutes touchés par ce grand deuil national, de façon équitable et équilibrée »

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La Communauté des croyants est frappée depuis le dimanche 17 mai 2020, un jour sacré des chrétiens, par la disparition à Abidjan du Président du Conseil Supérieur des Imams des mosquées et des affaires islamiques en Côte d’Ivoire (COSIM), Cheick Al Aïma Boikary Fofana.  Cette triste nouvelle succède au décès de l’Archi-bishop KASSI d’Azito, Fondateur de la mission évangélique des âmes, le vendredi 14 mai 2020, jour sacré des musulmans. Un événement qui démontre que le dialogue Islamo-Chrétien n’est pas une illusion en Côte d’Ivoire mais plutôt une réalité. Aimé Narcisse BOLI, PCA de la Fondation Internationale et Interreligieuse pour une Presse au service de la Paix et du Développement en Afrique (FIIIPPDA), fervent chrétien catholique et acteur engagé dans le dialogue interreligieux, fait un témoignage sur l’engagement d’un grand homme de Foi, d’un artisan incontournable de la paix, de la cohabitation pacifique et de l’unité nationale.

1-La Côte d’Ivoire et la communauté musulmane viennent de perdre un monument qui s’est engagé pour la paix et l’unité nationale. Quelles sont vos impressions à l’annonce de cette triste nouvelle ?

Nous, chrétiens, musulmans, animistes, avons beaucoup aimé Son Éminence, le Cheick Al Aïma BOIKARY FOFANA pour son noble combat pour la paix nationale, la cohésion sociale, le socle du développement de notre beau pays, la Côte d’ivoire. Dieu, son Créateur et notre Créateur qui vient de nous prouver qu’il l’aime plus que nous tous, vient de l’inviter auprès de lui pour notre plus grand bien. Par voie de conséquence, ce n’est pas vrai d’affirmer que c’est la Communauté musulmane seulement qui est endeuillée.

Nous sommes tous et toutes touchés par ce grand deuil national, de façon équitable et équilibrée. Par le truchement de l’Imam, le Cheick BOIKARY FOFANA qui est une personnalité digne et illustre de la cohabitation pacifique entre tous les guides religieux et leurs fidèles, entre tous les leaders politiques et tous leurs militants, c’est toute l’Afrique et le monde entier qui perdent un grand repère.

Nous constatons qu’il est rappelé à Dieu, le 24ème jour du précieux jeûne du Ramadan. Lui, la plus haute personnalité de l’Islam retourne vers Allah qu’il a servi avec dévouement le jour consacré à Dieu, le jour sacré de Dieu pour les chrétiens. Quelle belle coïncidence. Il s’en va comme il a vécu. Il était réellement un ami de toutes les religions. Il était vraiment un pont entre les chrétiens et les musulmans. Il a été une icône de l’amitié islamo-chrétienne. Pérennisons son œuvre immense et indispensable pour la paix en Côte d’ivoire. Il a su faire de la paix une seconde religion.

2-En tant que PCA de la Fondation Internationale et Interreligieuse pour la Presse au service de Paix et du Développement en Afrique (FIIPPDA), quelles relations avez-vous entretenu avec le Conseil Supérieur des Imams en Côte d’Ivoire (COSIM) en faveur de la cohésion sociale ?

Ce qui nous préoccupe désormais, c’est de tout mettre en œuvre pour mieux honorer notre vénérable Imam par la prolongation de sa remarquable lutte : l’amitié entre tous les Hommes sans aucune discrimination d’idéologies philosophique, politique, religieuse, etc. Il s’est battu jusqu’au bout pour les élections apaisées en Côte d’ivoire. Ensemble, engageons-nous corps et âme pour relever le défi d’élections apaisées cette année afin de ne pas le tuer une seconde fois ni enterrer sa noble lutte.

En ma qualité de PCA de la FIIPPDA (Fondation Internationale et Interreligieuse pour la Presse au service de la Paix et du Développement en Afrique), je pleure une bibliothèque. Comme le dit si bien l’éminent écrivain ivoiro-sénégalais Amadou Hampâté Bâ : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Je ne cesserai jamais de pleurer un pilier de l’amitié islamo-chrétienne, discret inspirateur du journal ISLAMO CHRÉTIEN. Il tenait tellement à ce journal, car il savait que nous saurons nous en servir pour prolonger et perpétuer son immense et noble combat. Hélas ! Mille fois hélas car il abandonne la lutte à une période favorable et délicate.

A suivre…

KY (nouvelleafrique.org)

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