Arnaud FLORIS, Représentant du mouvement La République en Marche (LREM) à Abidjan

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1)         Représentant du mouvement La République en Marche (LREM) à Abidjan, vous suivez de près l’actualité de ce début de quinquennat du Président Français Emmanuel Macron. Quelles sont vos impressions ?

L’élection d’Emmanuel Macron marque un tournant indéniable. Les français ont décidé de miser sur un homme nouveau qui a réussi l’exploit d’obtenir le soutien d’électeurs provenant des deux bords de l’échiquier électoral. Dès les premières heures suivant son élection, le président a immédiatement endossé le rôle de chef de l’Etat et joué sur la solennité. Il y a chez lui à la fois une dimension de gravité et un caractère humain évident, à la fois simple et spontané. Sa personnalité et son style séduisent, en France comme à l’étranger. Cependant, l’espoir qu’il suscite est à la hauteur des défis qu’il doit relever ; et ils sont nombreux. Jusqu’à présent, l’objectif a surtout été de réconcilier les français et de refonder le paysage politique. Fidèle à ses promesses de campagne, le président a nommé un gouvernement d’union nationale, avec autant de personnalités de la société civile que de femmes et d’hommes issus du centre, de la gauche et de la droite. C’est un gouvernement à l’image de notre pays et un véritable progrès en soit. S’allier pour dépasser les clivages politiques et aller à l’essentiel, quoi de plus exaltant, surtout quand ça marche ! Il faut désormais obtenir la majorité à l’assemblée nationale afin d’avoir les moyens de répondre aux attentes de dizaines de millions de français et de françaises.

2)         Quels commentaires faites-vous des résultats du scrutin législatif en France ?

L’objectif affiché est de refonder le paysage politique. De ce point de vue là le chef de l’Etat est en passe de réussir son pari. Avec 32 % des suffrages, La République En Marche est arrivée largement en tête au premier tour des élections législatives. Nous sommes en bonne position pour dépasser les 400 sièges au sein de la nouvelle assemblée nationale, ce qui offre de belles perspectives. La recomposition à venir est donc d’une ampleur inédite, et devrait largement dépasser le record de 1958, année où 310 nouveaux députés avaient fait leur entrée au palais Bourbon. Plus symbolique encore, nous devrions battre le record de primo-députés présentés par un même parti. Cependant, comme l’a souligné la présidente du mouvement Catherine Barbaroux, rien n’est acquis. Le faible taux de participation doit plus que jamais nous inviter à poursuivre nos efforts pour renforcer l’engagement citoyen, qui est au cœur du projet de La République En Marche. C’est une responsabilité́ immense pour l’ensemble des adhérents du mouvement et ses représentants. La responsabilité́ de tenir notre promesse de renouvellement en profondeur de la vie politique française ; celle de rassembler et de continuer à porter l’idée de progrès.

3)         Environ 10% de la population française a des origines africaines et 300 000 ressortissants français résident en Afrique. Pour beaucoup d’observateurs, Sibeth N’DIAYE la franco-sénégalaise par ailleurs, directrice de la communication de l’Elysée est le symbole achevé des liens entre l’Afrique et la France. Partagez-vous cet avis ?

Pour vous répondre très directement, je partage cet avis cependant je pense qu’elle ne peut pas être résumée qu’à cela. La principale force d’Emmanuel Macron est de s’être entourer d’hommes et de femmes compétents. Les profils et les parcours sont variés, les logiciels de pensées différents. Sibeth Ndiaye a été une actrice incontournable de la campagne, son parcours est brillant et méritant à bien des égards, c’est cela qu’il faut saluer. Comme l’a souligné le président, la France est riche de sa pluralité construite au fil des siècles par la conjugaison entre l’existant originel français et les apports extérieurs. Je pense que Sibeth est avant tout un symbole de réussite.

4)         Comment êtres-vous parvenus (La République en Marche Côte d’Ivoire), en si peu de temps à contribuer à la victoire du président Emmanuel Macron à l’élection présidentielle ?

C’est un engagement de chaque instant. A titre individuel d’abord, (ndlr s’agissant de lui-même) puis à titre collectif, s’appuyant sur l’engagement de plusieurs centaines d’adhérents et de milliers de sympathisants en Côte d’Ivoire et dans la région. La République En Marche Côte d’Ivoire est une des premières antennes à avoir été crée sur le continent. Depuis septembre 2016, nous œuvrons à la sensibilisation aux valeurs et projets portés par le mouvement. Cela s’est traduit par l’organisation de plusieurs séries d’ateliers de travail, de débats et de conférences. L’objectif a été de rétablir le dialogue avec nos concitoyens, français et binationaux, qui pour la plupart ne se sentaient pas ou se sentaient peu concernés par le devenir de la France. L’environnement en Côte d’Ivoire nous était plutôt défavorable, avec une majorité de français idéologiquement ancrée à droite, mais cela a progressivement évolué jusqu’à obtenir 86% de suffrages lors du second tour de l’élection présidentielle. Je voudrais attirer votre attention sur le caractère inédit du réseau de comités LREM en Afrique. Depuis plus de huit mois, la synergie inter-comités a pu créer une mobilisation extraordinaire pour un mouvement politique français qui venait de naître. Cette complémentarité se résume en un mot : solidarité. Le mouvement peut désormais s’appuyer sur un réseau de comités très actifs. Une véritable coordination s’est mise en place et nous œuvrons pour l’établir sur le long terme. Aucune autre formation politique française n’était parvenue à s’implanter sur le continent en si peu de temps et avec autant d’écho. Les récents résultats du premier tour de l’élection législative viennent récompenser nos efforts : la candidate initialement investie LREM est arrivée en tête, devant le candidat LR. Historiquement, c’est une première en Côte d’Ivoire.

5)         Le président Emmanuel a choisi le Mali pour sa première visite en Afrique. Quels ont été vos sentiments ?

La symbolique est d’autant plus forte qu’il s’agit de son premier voyage hors de l’Europe en tant que président français. Il me semble utile de rappeler que la France est présente au Mali, depuis 2013, pour lutter contre la menace terroriste qui pèse sur la région. Cette menace affecte notamment de nombreux pays en Afrique du Nord et de l’Ouest ; nous l’avons vu récemment avec les attentats à Bamako, Ouagadougou, Tunis ou Grand-Bassam. Le terrorisme est une réalité et une menace grave à la paix et à la sécurité des populations. Il est incarné par des groupes connus dans chacune des régions du continent. Il est donc capital de la combattre. Ce déplacement s’inscrit dans la volonté du président de poursuivre l’engagement au Sahel, en renforçant la coopération avec l’Allemagne, mais aussi en complétant l’action militaire par une stratégie de développement.

6)         Peut-on s’attendre à des changements au niveau de la politique étrangère de la France avec l’Afrique pendant le quinquennat Macron ?

Le chef de l’Etat a très clairement affiché l’ambition de coproduire une nouvelle politique en direction du continent africain. Ses premiers déplacements et premières actions s’inscrivent dans cette ambition. Il a une perception concrète des questions de développement et fait parfaitement le lien entre les problèmes de développement et les problèmes politiques. La nouvelle offre va s’articuler autour de trois axes majeurs : un grand partenariat entre l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée, une vision transversale des liens entre les pays africains ; et, enfin, une mobilisation du secteur privé, de la société civile avec une place particulière pour les diasporas et les binationaux. Par ailleurs, le président est dans une position clé pour assainir les relations du prisme de la françafrique. Le projet de création d’un Conseil Présidentiel pour l’Afrique (CPA) s’inscrit dans cette démarche. Le CPA, qui devrait regrouper une quinzaine de personnalités (économistes, universitaires et politiques), pour moitié Africains et pour moitié Européens, travaillerait sous l’autorité de diplomates, et aurait pour vocation de construire la nouvelle politique africaine de la France et de faire directement des recommandations au président de la République. Je pense qu’il a bien mieux compris l’Afrique que ses prédécesseurs, ce qui devrait se traduire par une évolution notable des relations à l’échelle diplomatique, économique et politique.

7)          Pensez-vous que le projet du président français de lutter contre l’immigration massive des africains en Europe pourrait faire bouger les lignes ?

Il s’agit d’un projet ambitieux, souhaitant s’attaquer aux causes des migrations dans les pays d’origines des migrants. Il s’inscrit dans la volonté du président d’accompagner au mieux les efforts de développements des pays. L’objectif est d’augmenter notre aide au développement pour atteindre, comme nos partenaires européens, l’engagement de 0,7% de la richesse nationale, entre 2017 et 2030, en fonction de nos marges budgétaires. Cette aide au développement devrait se concentrer sur l’espace francophone, pour appuyer des priorités telles que la lutte contre le dérèglement climatique, l’éducation et la formation, le développement des infrastructures, la bonne gouvernance, et le développement du secteur privé. Par ailleurs, nous comptons proposer un programme de renforcement des capacités des sociétés civiles dans toutes leurs composantes : fondations locales, organisations de droits de l’Homme ou de protection de l’environnement, médias, partis politiques, syndicats.

8)         Comment les entreprises françaises apprécient-elles l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire ?

La Côte d’Ivoire est le premier partenaire commercial de la France au sein de la zone CFA, et le troisième en Afrique Sub-saharienne après l’Afrique du Sud et le Nigéria. Nos deux pays bénéficient d’une proximité culturelle unique. De plus, l’économie Ivoirienne est l’une des plus fortes d’Afrique, elle est donc particulièrement attractive. Enfin, les récentes réformes visant à améliorer l’environnement des affaires afin de favoriser le développement d’un secteur privé dynamique et compétitif à l’échelle internationale a trouvé un écho certain auprès des investisseurs Français. Il n’est donc pas surprenant que les échanges commerciaux entre nos deux pays soient en augmentations constantes ; ce qui traduit de la vigueur des relations actuelles. La France et la Côte d’Ivoire doivent continuer à travailler main dans la main pour accompagner les entreprises ivoiriennes et françaises dans leur développement ; en les aidant notamment dans la recherche de financements.

9)         Quel commentaire faites-vous de l’entretien que le Président français a accordé récemment à l’Elysée à son homologue ivoirien ?

Cette rencontre traduit la volonté du président de renouveler le dialogue avec les partenaires clés de la France sur le continent, en l’inscrivant dans une logique de partenariat entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. Je tiens à souligner que le président Ivoirien est le premier à avoir été reçu à l’Elysée, ce qui représente une marque de considération importante. Cette entrevue bilatérale a permis de faire l’état des lieux des relations franco-ivoiriennes et d’aborder les perspectives de coopération. Elle a constitué une étape importante, nos deux pays partageant une longue et riche histoire.

10)    Quels sont les projets de la section ivoirienne de La République en Marche ?

L’objectif va être de poursuivre la modernisation du dialogue avec les français et binationaux établis en Côte d’Ivoire et d’expliquer la politique du gouvernement. Pour cela, nous allons continuer à consulter nos concitoyens, recueillir leurs préoccupations et se faire l’écho de leurs attentes à l’assemblée nationale. Pour rappel, le mouvement enregistre plus de 200 adhérents en Côte d’Ivoire. Nous avons fait le choix de structurer le comité autour de pôles de compétences, afin d’entretenir le dialogue sur des sujets précis tels que l’éducation, la protection sociale ou l’entrepreneuriat ; et l’inscrire dans la durée. L’idée est de constituer un groupe de réflexion citoyen, travaillant en étroite collaboration avec le futur député de la circonscription (comprenant l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest ndlr). Nous attendons donc avec impatience le résultat du second tour des élections législatives, qui se déroulera dimanche prochain.

 

BOLI Aimé Narcisse
Journaliste professionnel,
Directeur de Publication et
PCA de la CNDPCI
(Conférence Nationale des Directeurs de Publication de Côte de d’Ivoire)
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