Côte d’Ivoire /Gestion de la crise sanitaire (Covid-19) : les mesures de restriction au cœur de la contestation

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Plusieurs polémiques ont éclaté en Côte d’Ivoire autour de la gestion de la crise sanitaire et des mesures de restriction imposées par le gouvernement. Des personnes critiquent les faveurs accordées à certaines personnalités, réunion du Parlement autorisée, (…).
Le mercredi 18 mars 2020, sous un soleil de plomb, deux ministres ivoiriens tentent d’apaiser une foule en colère, surprise par la mesure de mise en quarantaine, prise la veille de leur arrivée, par le gouvernement. Il s’agit de dizaines de personnes confinées au sein de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) de Marcory. Ces mécontents sont des passagers, dès leur descente d’avion, en provenance de Paris, ont été amenés vers ce centre pour étudiants, réquisitionné par le Conseil national de sécurité (CNS). Alors qu’à l’issue d’une réunion présidée par Alassane Ouattara, le CNS avait arrêté une série de mesures, dont la « suspension pour une période de quinze jours, renouvelable, des voyageurs non Ivoiriens en provenance des pays ayant plus de cent cas confirmés de maladie à coronavirus ». Mais aussi, « la mise en quarantaine des cas suspects et des contacts des malades dans les centres réquisitionnés par l’État ». Depuis, la gestion de la crise sanitaire en Côte d’Ivoire alimente de plus en plus des polémiques.
Des faveurs accordées à certaines personnalités
Entre autres, nous confie Jeune Afrique, que « des faveurs accordées à certaines personnalités et à certains proches du pouvoir alors que le gouvernement annonçait la bonne nouvelle de la guérison du premier patient ivoirien, suscite l’indignation de l’opinion publique. C’est le cas de l’attaquant Max Gradel, l’ancien président de la Fédération ivoirienne de football (FIF) Jacques Anouma, la famille du chanteur A’Salfo, mais aussi des membres des familles du ministre Alain-Richard Donwahi et de l’ex-ministre Adama Bictogo », qui auraient réussi à échapper à la quarantaine imposée au reste du pays. Voyageant pour la plupart en classe affaires, sur le vol provenant de Paris, ces personnalités se sont rendues à leurs domiciles, sans passer par la case INJS. Une situation qui est à l’origine d’une émeute des passagers placés en quarantaine, oblige A’salfo à concéder sa « culpabilité  » et à présenter ses excuses au grand public. « Je suis sincèrement désolé pour ce qui arrive. J’ai un réel sentiment de culpabilité de m’être désolidarisé en mettant ma famille en quarantaine hors de l’INJS. Je présente mes excuses pour cela », a-t-il affirmé selon le correspondant-témoin de Jeune Afrique à Abidjan.
61 ressortissants chinois atterrissent à Abidjan
Au lendemain de l’annonce des mesures de restriction, 61 passagers en provenance de Chine ont débarqué à l’aéroport d’Abidjan après avoir fait escale à Addis-Abeba, en Éthiopie. En outre, contrairement aux règles strictes imposées par le gouvernement, a rapporté le témoin de Jeune Afrique, « les voyageurs se sont retrouvés devant la police des frontières au lieu d’être mis en quarantaine ». Poursuivant, il témoigne que « la vidéo de la scène, filmée par un fonctionnaire, est rapidement devenue virale, suscitant le tollé au sein de la population et contraignant les autorités à conduire les ressortissants chinois à l’INJS ».
Après avoir été démentie par les autorités, l’information a été confirmée par le ministre de la Santé Eugène Aka Aouelé quelques heures plus tard à la télévision. Le ministre se justifie en indiquant que la soixantaine d’individus « résidaient et travaillaient sur le sol ivoirien avant la crise sanitaire ».
La réunion du Parlement ivoirien autorisée
Dans la sphère politique, une autre polémique est alimentée par Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Il accuse le gouvernement d’avoir « autorisé la tenue de la réunion en Congrès du Parlement ivoirien ce mardi à Yamoussoukro, pour légiférer sur la Constitution ivoirienne, regroupant ainsi plus de 550 personnes ». Et condamne, dans la foulé, « cette triste attitude obstinée qui place les calculs politiciens et les intérêts égoïstes au-dessus de la santé des Ivoiriens et de la vie humaine ». Rappelons que le gouvernement avait préalablement interdit tout rassemblement au-delà de 50 personnes, vu le nombre de cas testés positifs en Côte d’Ivoire, est passé de six à neuf.
KY/Groupe de presse nouvelleafrique.org

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