Le carême, ramadan des chrétiens ?

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Prise de cendre à l’occasion du Mercredi des cendres, début du temps de carême chez les catholiques
 

La démarche du carême est souvent comparée à celle du ramadan. Il est pourtant important de regarder de près ce qui fait la spécificité de chacune de ces démarches. Par le Père P. Jean-Paul Sagadou, assomptionniste. Publié le 12 janvier 2018.
Disons-le tout de suite, carême et ramadan sont des réalités différentes qui, pour l’essentiel, ne peuvent être comparées. Le ramadan n’est pas le carême des musulmans et le carême n’est pas le ramadan des chrétiens. Dans la tradition chrétienne, le carême désigne les quarante jours de préparation à la fête de Pâques. Il s’inspire du temps que Jésus a passé au désert pour se préparer à sa mission. (Matthieu 4, 2). Pour vivre ce temps, l’Église propose aux chrétiens trois moyens pour se garder disponibles envers Dieu et les autres : la prière, le jeûne et l’aumône.

Si le carême chrétien est jeûne et privations, aumône et prière, il n’est pas simple obéissance à une loi « promulguée par Dieu dans sa sagesse ». Il est un temps de marche vers un objectif précis : la Résurrection de Jésus. Dans le carême, il y a une démarche personnelle de conversion individuelle (se tourner vers) et un mouvement collectif de l’ensemble des chrétiens en vue de l’édification du Corps du Christ qui est l’Église.

Un état de pureté légale

Le ramadan est le 9e mois de l’année musulmane, année lunaire comportant 11 ou 12 jours de moins que l’année solaire. Le jeûne rituel du mois de ramadan, quatrième pilier de l’Islam, fut décrété deux ans après l’Hégire. C’est au cours de ce mois que la tradition musulmane fixe la transmission du Coran à Muhammad par l’ange Gabriel. Globalement, le jeûne du mois de ramadan consiste à s’abstenir de toute nourriture et boisson, de relations sexuelles et à ne pas fumer du lever au coucher du soleil. La validité du jeûne exige un état de pureté légale. Parmi les anniversaires de la vie du Prophète célébrés au cours du mois de ramadan, la 27e nuit est le plus important.

On y commémore la Nuit du Destin, nuit solennelle au cours de laquelle le Coran est descendu parmi les hommes. « Elle est meilleure que mille mois » et « elle est un Salut jusqu’au lever de l’aurore » (Q. 97, 3.5.). Temps de partage, le mois de ramadan l’est à double titre. Pendant la journée, celui qui possède partage le sort du pauvre en se privant. Pendant la nuit et lors de la fête de la rupture du jeûne, il doit veiller à ce que son voisin pauvre ait le nécessaire pour rompre le jeûne. Si le jeûne du ramadan est obéissance à la Loi que Dieu a donnée à l’humanité dans sa sagesse et un temps de partage, il est aussi un moyen de purification et de lutte contre les convoitises.

S’approcher du Seigneur Jésus

Que retenir de ces deux démarches rapidement esquissées ? D’abord ceci : en vivant le carême, les chrétiens se sentent solidaires de tous les hommes qui, des synagogues aux temples en passant par les mosquées, à travers la diversité des civilisations et des cultes, signifient, hier et aujourd’hui, leur quête de Dieu par le jeûne, l’aumône et la prière. De l’obole de la veuve glissée dans le trésor du Temple à la dîme prescrite pour le ramadan, de la prière du moine tibétain à l’oraison silencieuse de la moniale de Koubri, les chrétiens sont solidaires de tous les priants de la terre. Ils sont solidaires de tous les jeûneurs de l’histoire, du prophète Élie au Mahatma Gandhi.

Cela dit, et c’est la deuxième chose qu’il faut retenir, le chrétien entre dans le carême à la suite du Christ, et selon le Christ. Ce que le chrétien cherche, c’est s’approcher du Seigneur Jésus avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi. Il veut garder indéfectible la confession de l’espérance en faisant constamment attention aux autres. Finalement, c’est « dans le secret », au cœur de son être que le chrétien veut vivre le carême, car Dieu n’est pas au-dehors, il est au plus intime de l’âme : « en suivant le sens de la chair, c’est toi que je cherchais ! Mais toi, tu étais plus intime que l’intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même » (saint Augustin).

Source: https://croire.la-croix.com/Definitions/Fetes-religieuses/Careme/Le-careme-ramadan-des-chretiens

Ramadan et Carême, deux notions semblables mais à ne pas confondre

Lecteur, lectrice de ISLAMO-CHRETIEN, trop souvent l’on entend que le carême était le ramadan des chrétiens et vice versa. Si, en effet, des similitudes existent entre ces deux temps consacrés à la prière, et c’est ce qui les relient, en aucun cas ils ne peuvent être confondus.

Ces différences se retrouvent notamment au niveau des interdits, limites ou restrictions – appelez-les comme vous voulez – imposés par les religions lors de ces périodes. Et c’est sur ces points que commence notre liste de différences.

Tout d’abord, l’interdit alimentaire :

Pour les musulmans, il s’agit de ne manger absolument rien du lever au coucher du soleil afin de prier. Une fois le crépuscule passé, libre à eux de manger ce qu’ils souhaitent, le plus souvent en famille et entre amis.

Du côté des chrétiens il s’agit plus de ne pas verser dans l’excès de nourriture. Le principe de cette mesure étant de faire un « effort de carême », de manger moins longtemps pour préparer son âme à la prière.

Les raisons de ces temps :

Le carême est placé juste avant Pâques avec pour but de préparer ce temps majeur pour un chrétien : la résurrection de Christ, Jésus Christ.

Le ramadan est pour tous les musulmans une obligation afin d’exprimer sa fidélité à Dieu. C’est le quatrième des cinq piliers de l’Islam.

Enfin ces temps sont aussi la remémoration d’étapes historiques de ces deux religions.

Pendant le temps du ramadan, en 610, le prophète Mahomet a vu l’ange Gabriel. La visite de celui-ci ayant pour but d’annoncer à Mahomet que Dieu l’avait choisi pour être son messager et de lui dévoiler le Coran. Cet épisode s’appelle Laylât al Qadr (la nuit du destin).

Le carême est aussi un mémorial des quarante ans d’errance du peuple juif, et les quarante jours de jeûne et de prière de Jésus dans le désert. Vous noterez par la même occasion l’origine des quarante jours du carême.

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