Le Père Hermann AMOHI (Le Curé de la paroisse Sainte-Marie, Notre Dame de l’Amitié d’Adzopé) « La récitation quotidienne du chapelet en ce mois de rosaire, permettra d’éradiquer la pandémie de la Covid-19 »

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A l’issue de la célébration eucharistique après le confinement de l’intérieur de la Côte d’Ivoire, le Père Hermann AMOHI, Curé de la paroisse Sainte-Marie Notre, Dame de l’Amitié d’Adzopé, invite le peuple de Dieu à continuer l’application des mesures barrières et à prier pour l’éradication totale de la Covid-19.    

Voulez-vous présenter votre lieu de culte ?

L’église paroissiale Sainte-Marie, Notre Dame de l’Amitié, est la deuxième paroisse d’Adzopé. Elle a été offerte par un généreux donateur en la personne de M. Ricardo TROPINI, un opérateur économique de nationalité italienne. Cette paroisse s’étend sur une superficie de 4 hectares. Il y a plusieurs projets en cours à savoir le projet sportif (un stade de football, un terrain de basket et un terrain de volley-ball), le projet du Sanctuaire Maria qui sera un grand lieu de pèlerinage, une auberge qui est en construction, les anthi-théâtres pour les formations religieuses.

Nous voulons faire de cette paroisse, un haut lieu de spiritualité et de pèlerinage un peu comme les sites d’Issia, de Bonoua, etc. Donc, c’est une paroisse en devenir. Nous sommes toujours de présenter cette paroisse qui fera bientôt la fierté du diocèse d’Agboville et surtout la fierté de la région de la Mé.

Quels les temps forts qui ont marqué la célébration eucharistique sur votre paroisse ?

Nous avons arrêté les célébrations eucharistiques avec nos fidèles depuis le 19 mars 2020 précisément dans la 2ième semaine du carême chrétien. Pour nous les chrétiens, nous savons que le temps de carême est le temps fort de l’Eglise puisqu’elle débouche la grande ‘‘fête Pascal’’. Ne vivant pas cette période avec les fidèles chrétiens, cela a été un coup dur pour le clergé, pour le peuple de Dieu qui ne pouvait pas venir s’abreuver à la source de leurs pères.

Mais comme vous le savez, ce n’était pas mauvais puisqu’on avait pris des dispositions pour éviter la propagation de la pandémie de Covid-19. On essayait autant que faire se peut de pouvoir donner des messages à travers des ondes pour permettre à nos fidèles de pouvoir nous suivre et de méditer. C’est une période où on a demandé véritablement aux chrétiens de mettre l’accent sur la prière en famille. Cela est important. Rester en famille pour prier afin de valoriser cet aspect que les premiers chrétiens ont développé pour l’avancée de l’Eglise. Nous avons célébrer la pâques dans cette situation sans peuple. Cela a été un coup dur pour les fidèles chrétiens et pour nous-même les prêtres. Mais, que pouvons-nous faire ? Le plus important, c’est ce que le Christ a toujours prôné, la dignité de la personne humaine. C’est donc tout ce que nous devons faire pour valoriser l’homme et la femme afin de permettre à notre pays d’avancer sans la menace de la Covid-19.

Quels sont vos sentiments à quelques minutes de la reprise de la célébration eucharistique ?

Ce sont les sentiments de joie qui animent tout le peuple de Dieu. La pandémie n’est pas totalement éradiquée. Mais les mesures ont été allégées. Nous qui sommes à l’intérieur du pays avons la possibilité de nous regrouper pour ces célébrations eucharistiques. Il y a quelques semaines, le prêtre et ses fidèles ne pouvaient pas se voir toujours physiquement. Aujourd’hui, on reprend le chemin de l’Eglise en respectant toutes les dispositions barrières pour éviter la propagation de la pandémie. Je suis heureux de retrouver les fidèles de ma paroisse.

L’image qui a marqué le monde entier, c’est la célébration eucharistique que le Pape a fait à Rome sans fidèles le vendredi saint. On sait aussi que dans le passé, il avait recommandé au peuple de Dieu d’implorer l’insertion du saint rosaire pour combattre le diable et ses œuvres dans l’Eglise. Aujourd’hui, nous sommes dans le mois de mai qui est le mois de rosaire, un mois marial. Dieu fait la grâce à une délégation de Prière Africaine News, de reprendre la célébration eucharistique dans une paroisse mariale. Que pouvez-vous dire au peuple de Dieu ?

Merci, chaque chose a son temps et le Seigneur sait diriger nos pas. A chaque événement de la vie, le Seigneur oriente l’être humain. Quand il n’y a plus d’espoir, Dieu écrit notre histoire. Dieu qui nous a créés, a bien voulu qu’en ce mois de rosaire, les situations puissent s’alléger pour que nous puissions reprendre nos messes avec les fidèles. Le mois de rosaire est le mois où nous devions intensifier notre dévotion à la très sainte vierge Marie. Le rosaire en quelque sorte, c’est donner des germes de fleurs. Un grain de rosaire, c’est donner une fleur. La fleur pourrait représenter ce qui est plus important pour nous que nous offrons à la vierge Marie. Le rosaire, c’est présenter tout ce que nous avons à la vierge Marie afin qu’elle puisse les apporter au Seigneur pour les bénir. La vierge Marie est la mère de l’Eglise. Elle couvre l’Eglise avec son manteau virginal et elle sait guider nos pas. A travers les prêtres de l’Eglise, c’est le Christ qui nous interpelle et qui nous conduit. Quand nous écoutons la Parole des pasteurs de l’Eglise, nous sommes dans la vision de la vierge Marie qui nous écoute, nous assiste et nous soutienne dans cette situation. Avec le rosaire, nous pouvons éloigner tout esprit qui ne converge pas son nom. Le rosaire est une arme forte pour le chrétien. Le chrétien en tant que l’eucharistique qui est notre première arme, le rosaire aussi vient en point pour nous aider à combattre d’autres esprits du mal. Et la vierge le disait, quand vous priez le rosaire, les choses s’ouvrent et le Christ exauce vos vœux. Dans ce mois de rosaire qui a débuté avec la récitation du chapelet, c’est certain que cette pandémie va être éradiquée.

Selon vous, quels sont les acquis que le peuple de Dieu doit préserver après le confinement ?            

Dans un premier temps, nous avons demandé aux chrétiens de mettre plus d’ardeur dans la prière en famille. Deuxièmement, tout le monde s’est rendu compte que sans Dieu, l’Homme n’est rien. Il faut respecter les mesures barrières recommandées pour préserver notre santé. Je voudrais faire une précision pour dire que les Eglises (NDLR : Eglise= bâtiment, Eglise= Institution) ne peuvent pas être fermées. Le gouvernement avait donné des instructions et les responsables de nos Eglises ont pris d’autres décisions pour éviter la propagation de la Covid-19. L’Eglise catholique a trois entités. Il y a ce que nous appelons d’abord, l’Eglise triomphante, les élus (ceux qui sont au Paradis). Ensuite, l’Eglise souffrante, ceux qui sont au purgatoire et qui purgent leurs peines. Enfin, l’Eglise en marche pour les vivants sur cette terre. Donc, dire que l’Eglise est fermée, est-ce qu’on a fermé les portes du Paradis ? Durant ces deux mois, les gens sont morts. Seul Dieu sait qui ira au Paradis parmi eux. Est-ce qu’on a fermé les portes du purgatoire ? Ce n’est pas possible. L’Eglise en marche a pris des dispositions pour freiner la pandémie de Covid-19. Suspension de messe avec les fidèles, ne veut pas dire que l’Eglise est fermée.

Nous sommes dans une paroisse mariale dans un mois marial. Mais, la plus grande célébration à faire de cette période de déconfinement, c’est assomption de la vierge Marie. Comment préparez-vous cette grande célébration mariale ? 

Merci beaucoup, nous sommes à (3) trois mois de la fête du 15 août: Assomption. Avant cette date, il n’y a pas mal de petites fêtes en l’honneur de la vierge Marie. Le 31 mai, c’est la visitation de la sainte vierge Marie, la Fête-Dieu avec la procession du très saint sacrément et bien d’autres fêtes. Le 31 mai, nous avons l’habitude de réciter le rosaire éclaté. Les différents Communauté Ecclésial de Base (CEB)  que nous essayons de regrouper en fonction du nombre et nous récitons le rosaire en 2 heures ou 3 heures du temps. Chaque CEB a un mystère bien précis à réciter. Et chaque CEB aura ses quatre mystères à réciter. C’est ce qu’on appelle le rosaire éclaté. Et ce, le 31 mai pour clore le mois du rosaire.

Est-ce que vous avez un message à l’endroit des médias qui vous ont soutenu pendant le confinement ?

Je remercie les médias qui ont œuvré dans la lutte contre la Covid-19. Nos remerciements vont à l’endroit des radios de proximité qui nous ont permis de retransmettre tout le Triuduum Pascal. Nous ne cessons jamais de remercier l’équipe de Prière Africaine News qui nous fait l’honneur de participer à la reprise de la célébration eucharistique chez nous.

Quel est votre message de fin ?

Je voudrais souhaiter bonne reprise des activités paroissiales à l’intérieur du pays excepté ceux d’Abidjan. J’exhorte vivement tout le monde à continuer à respecter les mesures de protection contre la Covid-19. La menace plane encore sur le monde. Avec la grâce de Dieu, nous parviendrons à éradiquer cette pandémie.

Interview réalisée par Aimé Narcisse Boli en collaboration avec KY (nouvelleafrique.org)

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