MOTS ET MAUX POUR LA PAIX NATIONALE / LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX EST EN DEUIL

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Figure de proue de la cohabitation pacifique entre chrétiens et musulmans, Cheick Aïma Boikary Fofana, Président du Conseil supérieur des Imams, des Mosquées et des affaires islamiques (COSIM), a marqué plus d’un par son talent de médiateur de poids au niveau national.

Son engagement sans réserve a été reconnu au plus haut sommet de l’État, car le Président Alassane Ouattara, a salué dès l’annonce de la triste nouvelle, la mémoire « d’un grand homme de foi, artisan de paix et de dialogue entre les confessions religieuses ».

Il s’était notamment impliqué dans la gestion de nombreux dossiers politiques et sécuritaires qui a évité à la Côte d’Ivoire, une guerre civile après la crise électorale de 2011. Cheick Aïma Boikary Fofana a marqué la Côte d’Ivoire et le reste du monde par son talent de médiateur infatigable.

Au plus fort de la crise post-électorale, il est monté au créneau pour désamorcer les vives tensions qui se signalaient à l’horizon, susceptibles de provoquer la fracture sociale. L’imam principal de la grande mosquée de Cocody II Plateaux Aghien, a pris son bâton de pèlerin pour encourager ses coreligionnaires à préserver la paix et à éviter toutes formes de représailles. Car, disait-il souvent que : « la violence ne résout pas les problèmes, mais les complique davantage ».Toutes ses initiatives, lui ont permis de bénéficier aussi d’une grande considération dans le monde religieux national, et son estime s’étendait à toute l’Afrique, dont des dignitaires religieux envisageaient de le porter à la tête de tous les imams d’Afrique. Ses œuvres, l’on ne finir de les rappeler, resteront à jamais gravées dans la mémoire collective. L’autre défi à relever pour la Communauté musulmane, c’est de préserver les acquis et sillons du dialogue interreligieux entre chrétiens et musulmans tracés par l’une des figures emblématiques de l’Islam en Côte d’Ivoire, qui a consacré sa vie entière à la consolidation de l’unité nationale à travers les maître-mots : ‘‘de paix nationale, de cohésion sociale et de développement’’, qu’il n’a cessé de prôner.

Qui choisir à l’approche des élections présidentielles du 31 octobre 2020, pour pérenniser ses œuvres ? Hélas, la Covid-19 a encore fait une victime de plus dont le leader de la Communauté musulmane ivoirienne qui a tiré sa révérence à l’âge de 77 ans.

Chrétiens et musulmans restent solidaires, depuis l’annonce de sa disparition, le dimanche 17 mai 2020, jour sacré pour le christianisme. La Communauté chrétienne vient aussi de perdre l’Archi Bishop Kassi d’Azito, dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 mai 2020 à 03 heures du matin. Le jour que Dieu a choisi pour rappeler à Lui ces deux guides religieux, impose à chaque leader religieux, politique, à chaque fidèle et à chaque militant, de poursuivre l’impérieux devoir de leur noble mission de cohabitation pacifique entre tous les fils et filles de la Côte d’Ivoire sans aucune discrimination. Confions leurs âmes à la miséricorde divine.

Fondation Internationale et Interreligieuse pour la Presse au service de la Paix et du Développement en Afrique (FIIPPDA)

 

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