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Affaire d’escroquerie présumée: Confrontation entre Roger Gah et Cessé Komé

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L’affaire porte sur pas moins de 4 milliards de FCFA. Le maire de la commune de Bangolo interpellé le 22 avril 2024 et placé en détention se voit également en victime collatérale. Alors que cet élu est mis en cause par le magnat des affaires Cessé Komé dans une affaire d’escroquerie présumée datant de 2017, il campe sur sa ligne de défense. Lui aussi est une victime « d’une bande de mafieux ». Jeune Afrique nous informe que les deux hommes ont été confrontés pour la première fois ce 6 mai. Selon le confrère, depuis le début de l’affaire, ce sont deux versions diamétralement
opposées qui s’affrontent.
Selon les informations de JA, Cessé Komé et Arsène Roger Gah ont été confrontés pendant neuf heures dans le bureau du juge d’instruction.
L’influent homme d’affaires malien vivant à Abidjan et ayant fait fortune dans l’hôtellerie dit avoir été approché «en marge d’une conférence à l’hôtel Tiama d’Abidjan» par Alain Kodjo – lui aussi placé en détention provisoire en 2019, mais libéré depuis – qui
lui aurait proposé de «trouver des financements à moindre frais pour
les projets hôteliers par le biais de fonds souverains du Golfe».
Alain Kodjo l’aurait alors présenté au maire de Bangolo qu’il aurait
décrit comme «très introduit dans le milieu des fonds souverains et
des grandes banques d’affaires et qui pourrait lever des financements
dans cette région pour la réalisation de ses projets.»
Mais selon Arsène Roger Gah, ce serait Cessé Komé, en recherche de financements, qui se serait rapproché de lui via Alain Kodjo.
Par la suite, les trois hommes se seraient rendus ensemble à Paris puis au Luxembourg pour y rencontrer un banquier qui aurait alors promis
la mise à disposition de 50 millions d’euros, puis 200 millions d’euros.
Sur place, seul Cessé Komé aurait finalement pris part à ce rendez-vous selon l’élu.
Rappelons qu’Arsène Roger Gah, réélu maire de la commune de Bangolo (centre-ouest) en septembre 2023, a été placé sous mandat de dépôt après avoir été interpellé le 22 avril à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol. Un fait aggravant. C’est qu’en septembre 2019, le premier magistrat de Bangolo avait été inculpé par le pôle pénal économique et financier et placé sous contrôle judiciaire à la suite d’une plainte déposée par Cessé Komé. Il était depuis soumis à certaines obligations : se présenter au cabinet
du juge d’instructions de manière périodique et ne pas sortir du territoire. Faute d’avoir rempli ces conditions, la justice ivoirienne avait finalement émis un mandat d’arrêt à son encontre en 2022. Son attitude avait été considérée comme «visant manifestement à empêcher la bonne marche de l’information judiciaire», selon le procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier, Claude Michèle Kamagaté. Aujourd’hui Maître Serge Gbougnon plaide «la bonne foi» de son client. «Ce n’est pas une personne lambda. Si la justice avait encore besoin de lui, elle pouvait le trouver n’importe où», affirme l’avocat qui reconnaît toutefois le manquement du maire à s’être présenté au tribunal chaque semaine. «On aurait pu lui donner un avertissement dans ce dossier qui se trouve entre les mains du juge depuis longtemps», estime-t-il.

Comment tout cet argent a changé de main entre les deux parties?
Là encore, d’après Jeune Afrique, chacun se retranche derrière sa version des faits. Cessé Komé affirme avoir versé de l’argent aux deux hommes dans le but de faire avancer l’opération. «Malgré tous ces paiements et toutes les assurances reçues, Monsieur Komé ne recevra jamais la somme promise», assure Me Charles Konan.
De son côté, le maire de Bangolo se serait rapidement retiré du projet estimant faire face à «une bande de mafieux».
Mais selon l’homme d’affaires, l’opération serait bien allée jusqu’à son terme et il aurait réceptionné des caisses de faux billets. Cessé Komé se rendra à Dubaï, ainsi qu’au Qatar, pour s’assurer de la réalité du transfert de fonds. «Les autorités monétaires et financières rencontrées sur place l’informeront non seulement qu’aucun transfert n’a été réalisé en direction du Mali mais également de l’impossibilité de la réalisation d’une telle opération», expliquera son avocat en 2019.

Me Florence Loan-Messan, une des avocates du maire Grah se dit être, avec son client, dans l’attente du procès.

Stéphane Badobré

 

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