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Ah, ces émissions de téléréalité importées !

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Ils ne manquent vraiment pas d’idées, ces Européens, pour nous blanchir le cerveau. Et nous maintenir ainsi dans l’état de « peau noire, masque blanc » que décriait l’écrivain Frantz Fanon. Leur dernière trouvaille pour nous inoculer leur culture et, insidieusement, leurs valeurs pas toujours compatibles avec les nôtres: la tropicalisation des émissions conçues et produites chez eux.

Depuis quelque temps, on assiste, en effet, à la production de la version africaine des émissions made in France et dont les acteurs étaient jusque-là des citoyens français ou européens. Il s’agit en l’occurrence de Secret Story, The Bachelor, The Voice, Les Reine du shopping, 4 mariages pour une lune de miel. Autant d’émissions de téléréalité françaises qui sont désormais clonées pour donner naissance à une version africaine.

Un vent de tropicalisation des productions culturelles de la France qu’on serait porté à accueillir favorablement, par naïveté. On pourrait, en effet, se féliciter, à tort, de voir l’Afrique bénéficier d’une version copiée de ces émissions, dont le format est conçu en Hexagone. On peut y voir, à juste raison, une opportunité, pour les jeunes africains cooptés pour les animer, de se faire beaucoup d’argent et même se tailler une certaine notoriété. Ceux qui dupliquent ces émissions, conçues en France, déploient, en effet, un trésor de moyens financiers qui pourraient expliquer que les jeunes Africains y voient une sorte d’ascenseur social.

« On fait Secret Story généralement pour la notoriété. C’est un tremplin pour ces jeunes candidats de gagner en nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux, puisque les téléspectateurs vont potentiellement se demander qui sont ces personnages et vont aller les suivre sur les réseaux Facebook, Instagram, Snapchat etc. (…) C’est vraiment un tremplin pour se faire connaître », confirme sur RFI Constance Vilanova, autrice de l’enquête « Vivre pour la camera : ce que la téléréalité a fait de nous ».

Mais, au-delà de ces gains financiers et même en notoriété, cette opération de clonage des versions françaises de ces émissions ludiques constitue, à n’en point douter, un soft power de l’Hexagone. En d’autres termes, une manière douce d’étendre son influence voire sa domination sur les peuples africains.

De fait, en exportant ses productions sur le continent, fruit de sa culture, la France nous éduque à copier servilement ses produits culturels et tend insidieusement à inhiber notre génie créateur. Elle nous conditionne presque à reproduire des produits culturels mâchés sur les bords de la Seine et partant tend à tuer notre inventivité.

Par ailleurs, ceux qui « africanisent » ces émissions conçues à Paris, inculquent, malicieusement, aux Africains les pratiques et, plus généralement, le mode de vie à l’occidentale qui sous-tend le synopsis de ces émissions. En conséquence, ils nous imposent, en douceur, leur culture et partant leur vision du monde. D’où la notion de soft power. En effet, de la conception au contenu, tout est pensé selon les canons occidentaux et spécifiquement français et saupoudré de quelques spécificités locales dont les acteurs et le lieu de production. Certaines de ces émissions comme The Bachelor et Secret Story font la promotion de la paillardise sinon du libertinage et des coups tordus pour arriver à ses fins ; la fin, c’est-à-dire l’appât de la cagnotte, justifiant les moyens.

En clair, ces clones d’émissions françaises de téléréalité perpétuent cette propension de l’Occident à vouloir dominer les peuples africains.

Assane NIADA

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